• Corine Depeyrot

Êtes-vous mûrs.es émotionnellement ? Partie 2 - Processus de maturation



La spirale de la détérioration


Plus le stress augmente, plus nos mécanismes de compensation deviennent intenses et irrationnels.


La capacité de regarder à long terme et de manifester de l'abondance, de la facilité, de l'élégance, du bonheur et la joie se détériore progressivement, d'abord en une perspective plus conservatrice et étroite. Notre vision et nos intérêts se resserrent de plus en plus. Si le stress continue il en sera de même de la détérioration et nous commençons à manifester ouvertement des formes d'opposition de type antagonisme, colère, reproche. Plus nos craintes augmentent, plus nous adoptons un comportement passif-agressif et cachons notre hostilité. Le fond de la spirale de la détérioration part de la crainte pour aller vers un sentiment de perte, et finalement de désespoir et d'apathie.


Comme nous nous désintégrons, nos perspectives deviennent étroites et fixes. Notre capacité à gérer et surmonter la vie diminue rapidement. Notre désespoir augmente. Le monde est perçu de plus en plus comme hostile et doit être défendu ou évité. De manière croissante, responsabilité, honnêteté, confiance et bonheur sont remplacés par leurs opposés. Le contrôle prend la forme de "tout contrôler" et devient problématique. Les comportements sont de plus en plus irrationnels, non fonctionnels et ne marchent pas. Les résultats de ces comportements sont à l'inverse de ce que l'individu a, en fait, besoin.


Si nous reconnaissons honnêtement où nous en sommes dans notre détérioration ou désintégration, que nous lui faisons face, que nous acceptons la responsabilité de nos comportements immatures, nous sommes, alors et seulement à ce moment là, dans une position de renverser le processus.


Le processus de maturation


Le processus de maturation est l'inverse du processus de détérioration décrit ci-dessus. Il s'agit de faire progresser notre volonté afin de faire face à nos craintes et de prendre la responsabilité de nos comportements passés et présents. C'est aussi prendre possession des forces, dons et talents inhérents à nous et d'agir sur eux.


Paradoxalement, c'est sur ce que nous rejetons que nous fixons notre attention. Quand nous souhaitons regarder et prendre la responsabilité de ce que nous avons toujours dénié, notre attention est relâchée et nous nous sentons plus légers et plus ouverts. Nous pouvons alors voir et prendre la mesure de toutes nos capacités, passer de notre coté obscur vers notre potentiel, et utiliser ces qualités et attitudes pour contrebalancer cette zone aveugle jusqu'à présent.


La volonté de ressentir et d'exprimer ses émotions consolide la base personnelle émotionnelle d'un individu. Plus cette base émotionnelle personnelle est forte, plus grande est la présence de cette personne qui devient donc plus à même par ses réactions positives de gérer de manière constructive n'importe quelle situation.


Du blâme vers la responsabilité : la clé du pouvoir et de l'habilitation


Nous sommes responsables de nos actes. Les autres sont responsables de leurs actes.


Plus nous reconnaissons et endossons la responsabilité de nos actes, plus nous nous autorisons des choses. Si nous sommes disposés à utiliser nos peurs comme un outil pour regarder au plus profond de nous, pour prendre la responsabilité de notre impact, nous ouvrons la porte pour accueillir plus de conscience, de croissance et d'autorisation.


Une clé importante est de chercher ce que nous blâmons et comment nous le faisons. Les choses qui nous déplaisent chez les autres sont souvent des indicateurs de ce que nous avons besoin de regarder en nous-mêmes. Si nous y sommes disposés, nous pouvons utiliser ce que nous réprouvons chez les autres comme un miroir pour nous aider à identifier certains aspects de nous-mêmes que nous avons refusé de voir ou que nous n'avions pas reconnu.


Il peut être vrai que nous ayons été injustement traité dans une situation donnée. Cependant, trop souvent nous utilisons le comportement irresponsable d'une tierce personne comme une distraction et une justification pour ne pas regarder notre part de responsabilité dans cette situation précise ou tout autre d'ailleurs.


Une sur-réaction face au comportement d'une tierce personne est souvent une tentative de dénier, autant pour nous que pour les autres, notre contribution à ce comportement inacceptable.


Blâmer, c'est utiliser l'irresponsabilité des autres pour dénier les aspects de nous-mêmes dont nous n'avons pas encore accepté la responsabilité.


Nous devons reconnaître et accepter notre contribution à la situation : ni plus, ni moins. La refuser, quelle soit forte ou faible, négative ou positive, c'est perdre un peu de notre pouvoir.


C'est dans notre volonté d'observer, de confronter, d'accepter notre responsabilité

que résident les opportunités pour grandir et mûrir.


L'étape du glups


Si nous sommes blessés et que nous disons "Il a fait ceci ou n'a pas fait cela. Quelle méchante personne !", nous devons nous demander si nous n'avons pas été aussi, un jour, dans cette position, d'une manière ou d'une autre.


Par exemple, si nous sommes déçus d'une personne qui n'a pas tenu ses promesses, c'est une opportunité que nous devons prendre pour regarder si nous n'avons pas, nous non plus, un jour failli à notre promesse. C'est souvent "l'étape du glups", c'est là que nous reconnaissons notre propre irresponsabilité.


Il peut être tout à fait vrai que cette autre personne ait été irresponsable et n'a pas tenu sa promesse, et cela mérite peut être de gérer cette situation, mais l'opportunité et l'aspect important est de reconnaître et d'accepter l'impact de notre propre comportement.


Quand nous choisissons de porter notre attention, non pas sur comment cette autre personne nous a attristé (plaçant la responsabilité hors de nous), mais plutôt sur ce que nous avons fait de similaire et que nous avons dénié (plaçant la responsabilité en nous), trois choses se passent immédiatement :


1. Nous sommes moins bouleversés (notre attention a basculé du blâme vers la responsabilité).


2. Nous avons un contrôle positif sur la situation ; nous avons dirigé notre attention et nos intentions vers ce que nous pouvons contrôler (nous mêmes), plutôt que sur ce que nous pouvons difficilement contrôler (l'autre personne).


3. Nous nous sentons plus légers et détenteurs d'un pouvoir grandissant (l'inévitable résultat quand on accepte la responsabilité de ses actes).


Regarder au fond de soi n'est pas seulement l'occasion de voir une part de notre impact dont nous n'avions pas pris la responsabilité, c'est aussi l'occasion de reconnaître le schéma dans lequel nous avons l'habitude d'évoluer. Une fois le schéma reconnu et accepté, nous sommes alors capables d'abandonner le statut de victime pour celui de personne responsable, et donc d'agrandir le champ de nos options afin de changer de manière constructive.

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