• Corine Depeyrot

La place de la confiance

Mis à jour : févr. 7

Oser se mettre à découvert

Lorsque l'on pense affection, la première demande concerne la fidélité. Elle est encore très marquée dans notre société pourtant fondée aujourd'hui encore plus qu'hier sur la séduction et la compétitivité.


Pourtant, elle n'est que la face visible de l'iceberg, et moins fondamentale que la confiance.


L’essentiel se joue dans les profondeurs sociales qui fabriquent l’individu contemporain dans la peur et l'impuissance quotidiennes (je me demandais d'ailleurs si au temps de la France occupée, le français moyen entendait parler autant à longueur de journée, tout comme nous aujourd'hui, d'invasions (immigrants) de combats (Syrie, Irak, Iran, Libye) de collabos (ceux qui rejoignent Daesh... jeunes de préférence) et de lignes ennemies (Russie, Syrie, Arabie Saoudite, Qatar).


Non contente de fabriquer des stress pré-traumatiques dont nous ne savons rien des ravages psychologiques qu'ils peuvent engendrer tant ils sont nouveaux, ils nous enferment tel un hamster dans sa cage qui mouline faute d'action concrète. La France occupée avait sa résistance, la France Libre à Bruxelles et l'OTAN. Autant dire ...


L'impuissance ressentie engendre colère, tristesse, repli sur soi et évasions ludiques, addictives ou médicamenteuses. Chacun essaye de sauver sa peau comme il peut et cet égoïsme - là n'est finalement que de la survie élémentaire.


En contre-balancier, un certain nombre pressent qu'il y a là urgence à faire bouger les lignes Imagino et tente de se frayer un chemin dans la jungle émotionnelle du Bien-Être.


Mais comme tous les balanciers puissants, le retour de pendule peut être tout aussi violent et les excès ne sont pas à minimiser :


1 er excès : ériger le Bonheur au rang de norme sociale. Une pratique qui a un prix hors-norme et sonne comme une dictature. Que celui qui n'a jamais hésité à dire qu'il avait une angine de peur que l'on lui sorte une encyclopédie des mal à dit pour lui expliquer à quel point il n'a pas réglé un problème avec sa mère dans l'enfance me jette la première pierre.


2 ème excès : la manipulation à outrance et les tentatives de domination. On y laisse à coup sûr notre santé psychologique si on n'y prend pas garde, notre libre-arbitre et notre liberté. Et personne n'est à l' abri.


Anecdote lors d'un atelier avec un professionnel du Bien -être dont je tairai le nom.


Une participante lui demanda si elle pouvait enregistrer en audio son atelier. Normalement, c'est oui, c'est non. Sans justifications. C'est simple.

Mais le monsieur gêné refusa et le justifia au prétexte que ladite dame ne serait pas assez concentrée. La dame âgée ne dit mot. Il sentit bien que son explication ne l'avait pas satisfaite et revint à la charge 3 fois, en concluant avec un magnifique :

- C'est pas une punition (Pardon ?!?!) , tu comprends ? C'est pour toi.


Méfions -nous des vendeurs manipulateurs d'autonomie infantile. Le coût de leurs prestations est exorbitant : dévitalisation, sentiment de perte ou d' abandon lorsque le gourou disparaît, fatigue mentale, désarroi pour les plus fragiles, besoin permanent d’enveloppements sécurisants et de réconfort psychologique, dépendance et comportements de groupies.


3 ème excès : le principe moderne d’autonomie engendre le désir d’un autre type de confiance en nous livrant à l’évaluation mutuelle généralisée. Sous le regard des autres et des réseaux sociaux, il nous faut tout réussir, à chaque instant, dans le travail et la vie privée, sous peine d’être mal notés.


Mais l'exercice est biaisé : chacun juge chacun avec ses propres critères qui l’avantagent personnellement en dégradant autrui. Et autrui fait de même. Nous nous notons mieux que le font les autres : hélas, c’est justement l’évaluation par autrui qui compte davantage. Il en résulte un déficit structurel d’estime de soi, qui tend à devenir la maladie de notre époque, d’où l’immense besoin de reconnaissance, qui monte de toutes parts, pour restaurer la confiance personnelle. Surtout la reconnaissance des plus proches, de la famille ou/et celle du conjoint.


Renforcer la confiance en soi grâce au regard de confiance de l'autre est devenu la priorité des relations humaines aujourd’ hui.


Au point qu’une véritable « règle d’or », de confiance mutuelle et de reconnaissance réciproque est devenue, implicitement, fondatrice de notre société moderne.


Quoi que nous fassions, quoi que nous disions, nous avons raison et nos faits et gestes sont dignes d’être admirés. Notre clan, notre conjoint, nos amis sont devenus nos soutiens inconditionnels, nos fans préférés.


La critique, fut- elle constructive, le désaccord, fut - il léger, n'ont plus leurs places. L'autre, les autres, ne sont plus perçus que dans un rôle thérapeutique, une écoute compréhensive et un soutien actif.


Malheureusement, la peur de la solitude, du manque de reconnaissance et de confiance en soi fabriquent des amitiés et des amours sans lendemain ... qui détériorent à leur tour confiance et estime de soi dans un cercle vicieux et mortifère.


Si la confiance (éthym : avoir Foi en quelqu'un) en l'autre pour ce qu'il est, pour les valeurs qu'il incarne, se nourrit de ce qu'il peut m' enrichir en tant qu'individu indépendant, et non pas comme un prolongement de moi, objet de mes manques, il devient alors, en toute conscience, à moments choisis, l’oreille dont on a tant besoin parfois, le réconfort et la consolation nécessaires occasionnels face à une société très dure parce que basée sur un stress de guerre qui ne se dit pas véritablement, notre impuissance à y faire face et la compétition généralisée acharnée.


Alors se met en place tout naturellement la véritable place du coach : celle d' un espace neutre, accompagnant l'individu à être une meilleure version de lui-même, non pour les autres (thérapeute compris), mais pour lui même et son développement personnel.

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