• Corine Depeyrot

Gérer positivement un conflit demande de la maturité émotionnelle

Mis à jour : févr. 7


C'est le plus intelligent qui cède ou qui craque ?

Le terme de conflit s’applique à toute opposition situationnelle survenant entre des parties en désaccord.

Mais lorsque l’une souhaite imposer ses positions, à l’encontre des attentes ou des intérêts de l’autre partie, il n'y a plus conflit mais hostilité relationnelle.



Le conflit n'est pas une anomalie des relations humaines.


On pense souvent que le conflit entre des personnes est une « mauvaise » relation. Pourtant, de nombreux sociologues (comme Georg Simmel), philosophes (comme Hegel ou Nietzsche) ou psychologues, développent une vision plus positive du conflit comme mode de relation entre individus. Les psychologues Dominique Picard et Edmond Marc considèrent que les conflits ne sont pas des erreurs de la communication, mais qu'il est aussi normal et banal de se disputer que de bien s'entendre : « les problèmes relationnels sont inhérents à la nature et à la dynamique d'une relation parce que vivre ensemble et communiquer, c'est compliqué et difficile ».


Cependant, le conflit est souvent vécu dans la souffrance et, contrairement à la bonne entente, il empêche la relation de progresser, d'être productive et les partenaires de s'épanouir. C'est pourquoi il est souvent nécessaire de le réguler et de le résoudre. »


Raisons conscientes et inconscientes

Des émotions qui débordent


D’ un point de vue psychologique, les personnes impliquées dans un conflit ou vivant un conflit à l’intérieur de leur propre psychisme, connaissent des états émotionnels forts : colère, frustration, peur, tristesse, rancune et parfois agressivité et violence. C’est cette réalité qui est à l’origine de la connotation négative du mot conflit. Pourtant, le conflit n’est pas forcément destructeur. Il est normal de rencontrer des conflits ou des problèmes relationnels, tant est immense la diversité des êtres humains, de l’histoire des peuples, de leur culture, du parcours individuel de chacun.


Plutôt que les conflits eux-mêmes, c’est la façon de les aborder qui peut être destructrice.


Selon le Dr Austruy, psychiatre à Paris, « toute situation relationnelle entraîne nécessairement des conflits ». Tout dépend du degré de liberté d’expression et d’égalité entre les individus. A l’origine d’un conflit, on trouve toujours des intérêts divergents, des sentiments heurtés ou des désirs différents. « En fait, le conflit pose la question de l’autre, qui a parfois la mauvaise idée de ne pas vouloir ce que l’on veut ! »

Nous sommes tous amenés à vivre des conflits ! Les moments de crise sont inévitables et souvent nécessaires pour faire bouger les lignes et initialiser une mutation vers un nouvel équilibre.


Typologie des conflits


Si les sources, les contextes et les formes de conflits sont extrêmement diverses et variées, on peut les regrouper en quatre grands domaines.


Le conflit intra personnel

Le conflit intra personnel est un combat interne à l’individu, qui peut être habité de pensées contradictoires, ressentir une ambivalence de ses sentiments, souffrir de la perte d’un être cher… On parlera en général de « conflit psychique ». Tout individu, quelle que soit son époque, sa culture, sa condition, doit faire face, tout au long de sa vie et à des degrés divers, à des situations génératrices de conflits psychiques, lesquelles agissent sur la structuration profonde de sa personnalité.

Dans de nombreux cas, le conflit psychique, lorsqu’ il n’est pas résolu, provoque chez l’individu un malaise profond qui peut le conduire jusqu’ à l’automutilation voire au suicide.


Le conflit inter personnel

Le conflit inter personnel se définit par une situation dans laquelle plusieurs personnes s’affrontent. Conflit de couple, conflit entre voisins, entre amis, entre acheteurs convoitant un même bien … tous ces conflits ont en commun la passion ou l’intérêt, qui sont à l’origine de la discorde. Généralement, les critiques fusent, parfois les insultes laissent place à la violence, avec l’une des deux parties qui ne supporte pas la divergence d’opinion, la recherche d’appropriation de l’autre, ou encore la jalousie, la différence de croyance, de valeurs et de culture. Les conflits sont souvent inévitables, notamment dans le couple. Mais s’ils sont un mauvais moment à passer, ils contiennent en eux une forme de communication qui peut être constructive.


Le conflit intra groupes

Dans un groupe constitué, les heurts peuvent être de diverses causes.

Le conflit d’autorité et de pouvoir : il s’agit souvent de personnes de même rang hiérarchique dans une organisation (entreprise, association…) qui s’opposent, suite à empiétement par l’un sur ce qui relève des compétences de l’autre. Le conflit de concurrence ou de rivalité : ils surviennent dans les situations où la compétitivité et la recherche du résultat par sa quantification sont rendus nécessaires. Le conflit mimétique : l’élève apprend, pratique assidûment et finit par s’opposer au maître.


Le conflit inter groupes

Il s’agit généralement de communautés ou de groupes distincts, qui ont une culture ou une idéologie différente. Ils n’hésiteront pas à avoir recours à la violence. Ce type de conflit est caractéristique d’oppositions entre groupes ethniques ou entre mouvements politiques.


Faire face au conflit


Un conflit non traité peut amener à la violence et à l'insubordination.


Repérer les comportements

Le conflit naît de ce que l’une des parties en présence cherche à imposer sa vision des choses au reste des parties prenantes. Quels que soient les types de conflits, on rencontre plusieurs types de comportements, avec, pour chacun des acteurs du conflit, un potentiel inégal à résoudre le conflit. De plus, un même conflit peut être le théâtre de différents comportements, selon les parties en cause, ou selon les étapes de l’expression et de la résolution du conflit.


Ignorance, fuite ( échelle de maturité émotionnelle : niveaux 1,2)

Il s’agit de la forme la plus primaire d’attitude face au conflit, qui représente ici, pour l’individu, un danger, une menace qu’il ne souhaite pas affronter. Ignorer le conflit est une forme de déni qui risque de placer l’individu en situation de victime. Ainsi, le conflit n’éclate même pas. Il n’est pas révélé. La souffrance psychique n’en est que plus grande. La famille est un des environnements dans lesquels des situations de déni et de fuite du conflit peuvent se rencontrer. Ce comportement n’amène aucune solution mais plutôt une aggravation des situations pouvant dégénérer en violence.


Accommodation, soumission ( échelle de maturité émotionnelle : niveaux 3,4)

Dans ce cas, le conflit est identifié, il n’est plus seulement un risque ou une menace, il est bien réel. Mais la situation est vécue comme perdue d’avance, contre laquelle il est inutile de lutter. Dans ce cas, comme dans le précédent, l’une des parties en présence détient un pouvoir et une autorité démesurés par rapport à l’autre. Le pot de terre contre le pot de fer… L’individu considère comme surhumain l’effort qu’il lui faudrait déployer pour renverser une situation pareille. Il se sent impuissant à changer les choses mais introduit une forme d’acceptation qui va lui permettre de s’accommoder de la situation, c'est-à-dire de limiter autant que possible les effets destructeurs du conflit sur sa propre personne.


Construction, responsabilisation ( échelle de maturité émotionnelle : niveaux haut 5,6)

Le conflit est identifié et accepté comme une expérience de vie. L' individu connait ses besoins, identifie clairement ses intérêts, communique et confronte ses idées. Il est congruent. Il relate sa vision des faits et parle de lui; il ne fait pas de suggestions ou n'interprète pas les motivations de l'autre partie. En cela, il n'est ni dans la critique, ni dans les reproches. Il est capable de recul et de dégagement émotionnel, c'est à dire qu'il ne s'identifie pas à ses émotions, bien qu'il n'en rejette aucune. Il envisage le conflit comme une source de progrès et se positionne dans une vision gagnant-gagnant, d'égal à égal. Mature, il comprend le degré de maturité émotionnelle de l'autre partie et peut, en cas d'impasse, y surseoir ou décider d'y mettre un terme.

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